Youth always wins.
Ce que Virgil Abloh nous apprend sur le business et la vie.
Paris, Grand Palais.
10h du matin.
La première pièce que j’ai vue en entrant dans l’exposition THE CODES de Virgil Abloh, c’était une installation vidéo : le premier lookbook de Pyrex Vision (la première marque de Virgil), intitulé Youth Always Wins.
Et là…
J’ai senti une émotion me traverser.
Parce que je me souvenais exactement du moment où j’avais découvert cette vidéo, celle qui annonçait la marque de Virgil, douze ans plus tôt.
Il avait 33 ans et moi 21.
À cette époque, j’étais un gars un peu “bizarre”, matrixé par le business, la culture streetwear et d’autres subcultures encore peu comprises, avançant avec Internet comme meilleur ami — génération Tumblr, SoundCloud, Twitter.
Le lookbook de Pyrex retranscrivait parfaitement cette époque : A$AP Rocky, le crew A$AP Mob, cette énergie brute, cette esthétique DIY devenue culte.
Revoir tout cela, dans un lieu aussi symbolique, douze ans plus tard, m’a bouleversé.
J’ai versé une larme.
Pas pour la beauté de la vidéo, mais parce que j’ai réalisé à quel point Virgil Abloh était devenu, en une décennie, un héros et pas que pour moi.
Le héros d’une génération qui a osé croire que la jeunesse pouvait gagner.
Youth Always wins.
Quand Virgil a quitté ce monde, j’ai versé une larme aussi, avec Aurélien et Moshy pour témoins.
Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique, mais cette exposition m’a poussé à réfléchir à ce que Virgil nous a appris sur l’entrepreneuriat, la création, sur l’état d’esprit Youth et, surtout, sur la vie.
J’ai retenu cinq leçons que je te partage ici.
1. ASSUMER SA FOLIE
Ce que j’ai compris en parcourant THE CODES, c’est que la folie n’est pas une faiblesse — c’est un moteur.
Virgil, comme Kanye et comme tous les grands créatifs, ne cherchait pas à rentrer dans les cases.
Il assumait de ne pas être compris.
Il assumait de proposer, d’essayer, d’échouer, puis de recommencer.
Dans le business comme dans la vie, c’est pareil :
ce n’est pas en cherchant à plaire qu’on avance, c’est en osant être soi, avec nos contradictions, nos intuitions et notre vision.
La folie, c’est juste une autre manière de dire “passion sans filtre”.
Et pour certaines personnes, on colle ton prénom à la phrase :
— “Et lui là ? Eh vas-y lui avec ses projets bidons...”
sous prétexte que tu oses faire, échouer, recommencer.
Si c’est ça la folie, alors j’en suis.
2. TRAVAILLER DANS CE QU’ON AIME ET DOCUMENTER
Virgil ne séparait pas sa vie de son travail (était-ce un travail ?).
Mais il conservait sa vie privée comme un sanctuaire.
Il créait à partir de tout : la musique qu’il écoutait, les films qu’il aimait, ses souvenirs d’enfance, ses influences multiples.
Il transformait tout ce qu’il vivait en matière créative.
Mais surtout : il documentait tout.
Des carnets, des books internes pour chaque collection, des photos de process, des conversations whatsapp… tout était une trace.
Une manière de dire :
— “Ce que je fais a du sens, même quand c’est en train de se construire.”
C’est une vraie leçon pour nous tous :
notre travail n’a pas besoin d’être parfait pour être partagé.
Il doit être vivant, incarné, honnête.
Ça me fait penser à Kouman, un entrepreneur qu’on accompagne dans notre accélérateur avec Victory Lap.
Il documente quotidiennement comment il construit une marque de vêtements qui veut avoir un impact culturel dans un monde où les frontières ont été redéfinies — un monde dont il faut s’approprier notre propre narrative.
Il a d'ailleurs fait une vidéo qui vous fait découvrir l'exposition.
3. LE DÉTAIL EST UNE PREUVE D’AMOUR
Ce qui m’a marqué dans l’exposition, c’est la précision.
Chaque objet, chaque mot, chaque guillemet avait un sens.
Virgil ne cherchait pas juste à “faire joli”.
Il voulait rendre visible le processus, montrer que l’art et le business pouvaient coexister avec rigueur.
Dans un monde où tout va vite, lui semblait accélérer alors qu'en réalité... il ralentissait, car c'était devenu un jeu. Pour preuve, il fait une collab avec Evian et Mercedes sur la même période !
Mais peut importe le support, le sujet et l'intérêt, il prenait le temps de soigner les détails.
Et c’est peut-être ça, le vrai luxe aujourd’hui : mettre de l’âme dans chaque chose qu’on fait.
A l'image d'une marque de cosmétiques pour homme que j'aimais beaucoup, Oju-Wa, Où chaque détail était finement pensé.
De l'insta au packaging, tout y était.
4. NE PAS AVOIR PEUR DE LA HONTE
Virgil proposait, souvent sans certitude — parfois même avec des échecs cuisants (la cover de l’album de Pop Smoke en est un bon exemple).
Il envoyait des idées par WhatsApp, montait des projets avec ce qu’il avait sous la main : un ordinateur, un papier, un stylo.
Il ne cherchait pas la perfection — il cherchait l’action.
On a trop souvent peur du ridicule, du rejet, du “non”, c’est justement cette peur qu’il faut traverser, car c’est dans le faire, même maladroitement, qu’on devient bon.
Youth Always Wins,
c’est aussi ça : avoir le courage d’essayer, même quand on doute.
La jeunesse, ce n’est pas une question d’âge — c’est une manière d’être tout simplement.
5. CRÉER DU LIEN, ENCORE ET TOUJOURS
Derrière chaque succès de Virgil, il y avait une équipe, une communauté, une envie de rassembler.
Il n’était pas compris de tout le monde, mais il était ouvert à collaborer avec tout le monde.
Pas uniquement avec Kanye, mais aussi avec de jeunes créatifs du Ghana ou d’ailleurs, débordant d’énergie et d’audace.
Il croyait profondément que le talent ne valait rien sans transmission.
Et c’est sans doute la plus belle leçon de toutes : notre travail ne nous définit pas.
Ce qui compte, c’est la manière dont on partage, dont on connecte, dont on fait circuler l’énergie.
Ça me fait penser à Dorcas, mon amie architecte (comme Virgil).
Elle a documenté sa vision de l’architecture dans un livre qu’elle a décidé d’auto-éditer.
Pourquoi ?
Juste pour donner du sens à ses pensées, à ses actions, à sa transmission.
SENTIMENT ET ACTION DE VIE
En sortant de l’exposition, j’ai ressenti un mélange étrange : une nostalgie douce, une introspection un peu malaisante, et une énergie nouvelle.
Virgil m’a rappelé que la jeunesse, ce n’est pas une période de la vie — c’est une posture.
C’est dire oui avant d’avoir peur.
C’est faire avant de comprendre.
C’est croire que ce qu’on fait, même petit, peut avoir un impact.
Et cette newsletter, je le sais, est imparfaite (comme l'était l'expo d'ailleurs).
Mais j’ai décidé de l’écrire à 8h du matin, de l’annoncer à 9h sur Instagram, et vous voilà plus de vingt inscrits, dont toi Loïck, à me lire.
Et j’ai tenu à l’envoyer à 19h sans faute, pour briser cette mécanique qui nous empêche d’être excellents :
celle de trop préparer notre prochain move.
Seul Dieu est parfait, donc en réalité… créons, faisons, répétons et cassons nous la gueule, ce n'est pas grave.
C’est de ça dont j’ai — dont on a — besoin.
Juste de spontanéité, et d’arrêter de se faire chier à courir après une perfection qui, de toute façon, n’existe pas.
Il m’a rappelé que le travail, ce n’est pas la santé, mais surtout la liberté.
Un cancer rare du cœur a eu raison de lui, mais jusqu’à ses derniers moments, il ne travaillait pas — il créait (avec beaucoup de cœur).
Peu importe le sujet ou la forme,qu’il s’agisse d’un business rentable ou d’un projet philanthropique,
— créer pour rien, créer selon une vision, juste créer.
Comme un Youth.
ET FINALEMENT, C'EST-CE PAS ÇA VIVRE ?
Et c’est fou, car cette exposition m’a rappelé que j’étais devenu un enfant trop sérieux, trop pragmatique, trop réfléchi et que je ne gagnerai que si j’osais à nouveau.
Avec fougue, et sans peur.
Moins de perfection.
Plus d’action.
C’est ce que Virgil a fait.
Et c’est dans cet esprit que je vous annonce la sortie de ma première vidéo YouTube (tu peux déjà t'abonner).
Elle ne sera pas parfaite, mais elle sera sincère.
D’autres belles choses arrivent.
Et j’ai hâte de voir ce que vous, vous allez créer à votre tour.
Et n’oubliez pas : Youth Always Wins.
Toujours.
Lionel alias Monsieur Benks.